Activer le « système de sauvegarde » du vivant
Imaginez pouvoir recréer une forêt entière à partir d'une seule feuille, d'une tige, ou même d'une seule cellule. Ce n'est pas de la science-fiction, c'est le miracle de laculture de tissus végétaux. Le point de départ logique de cette technique est latotipotence cellulaire. Comme le dit un ancien adage, « les pétales tombés ne sont pas des objets sans sentiment ». D'un point de vue biologique, les cellules hautement différenciées conservent l'intégralité de l'information génétique de l'espèce. Elles sont comme autant de « systèmes de sauvegarde » dont certaines fonctions sont temporairement désactivées, attendant d'être réactivées.
Un processus alchimique : Dédifférenciation et redifférenciation
- Dédifférenciation (Dedifferentiation) : C'est la première étape de rupture. Sous intervention artificielle, le tissu végétal isolé perd son état de différenciation d'origine et se transforme en une masse de cellules amorphes, lâchement disposées et hautement vacuolisées : le « cal ».
- Redifférenciation (Redifferentiation) : C'est une danse parfaitement orchestrée. En ajustant les proportions d'auxineet decytokininedans le milieu de culture, nous pouvons induire le cal à réactiver l'expression génique sélective, pour former de manière ordonnée des pousses et des racines.
Observation microscopique de l'expérience
Prenons l'exemple de la culture du chrysanthème : quelques semaines après l'inoculation, les bords initialement durs des feuilles ramollissent et de petites « boules de chair » jaune pâle se forment. Ne sous-estimez pas ces cals ; c'est sous la « baguette de chef d'orchestre » des hormones qu'ils se préparent à accomplir le miracle de la reconstruction de la vie.